01/06/2020

Baleine à bosse et déambulation urbaine

Un dimanche frais juste au dessus de10 degrés. Météo tellement bipolaire ici.

Départ en vélo pour aller jusqu'à une ruelle verte à l'opposé d'où j'habite.

Direction l'Est et Hochelaga et un premier arrêt juste après le pont Jacques Cartier pour regarder avec les badauds le possible signe d'une baleine à bosse vue la veille. Elle était encore là et je l'ai vu respirer plusieurs fois ainsi que ton énorme nageoire caudale, énorme! Pendant ce temps là la vie sauvage locale continue, en regardant à l'horizon une marmotte en profite pour traverser la voie ferrée sous nos pieds.
  



Rue Sainte-Catherine, passer les drogués à leur spot habituel puis arrêt à la galerie Marc Gosselin réouverte depuis peu. Toujours un plaisir de repasser dans ce lieu. La dernière fois c'était à l'occasion de la Nuit Blanche où j'avais participé à l'exposition groupée sur le thème VERT.

Je continue, rejoins la rue Ontario et fait une pause au délicieux café Hélico. Un cortado et deux pains au chocolat que j'appelle un truc au chocolat, tellement longtemps que j'en ai demandé un que j'en avais oublié le nom.

Je pousse plus à l'Est, bifurque vers le Nord après avoir passé le parc Olympique et pénètre pour la première fois dans le parc Maisonneuve. Beaucoup d'espace, des grand arbres et le sommet du stade Olympique visible parfois au dessus des cimes, sorte de pointe de scorpion robot géant qui donne toujours cette petite touche futuriste à l'atmosphère ambiante.

Ensuite je me perds, par choix, mais me rapproche aussi du parc et de la ruelle que je visais ce matin. Sur la parking du Cirque du soleil fermé mais des tentes blanches, c'est devenu un des postes de test du covid à Montréal, test possible uniquement si on vient en voiture.

Puis enfin le parc Frédéric-Bac. Ancienne carrière reconvertie par étape en parc assez grand. Une piste ouvert autour de 5km au moins et des parcelles aménagées au fur et à mesure. Un paysage non lunaire mais spatial et d'anticipation. En effet des boules blanches un peu partout qui recouvre astucieusement des tuyaux évacuant du gaz de sous terre...




Mais la vraie raison c'est la visite d'une ruelle verte le raccourci. Ruelle aménagée en galerie en plein air avec des oeuvres encadrée le long de la cloture qui délimite d'un hangar de la STM. Dans la ruelle aussi des peintures aux murs, du mobilier de métro transformé en banc public. Chouette.


Je rencontre les responsables du projet, quelques artistes déjà rencontrés plusieurs fois depuis mon retour sur l'île de Montréal. Toujours un plaisir de voir des gens en vrai ces jours ci, avec 2m entre nous bien sûr.

Je remonte sur mon vélo, il ne fait pas chaud chaud chaud mais en roulant ca va. Telle un explorateur je m'engage sur la rue Christophe Colomb jusqu'au parc Lafontaine, puis le vieux port, le canal Lachine et enfin St-Henri. 50km au final. 



17/05/2020

Les deux ponts

Le matin
Pandémie ou pas pandémie c'est toujours le bordel pour circuler dans Montréal. Des rues en travaux, ou bloquées, ou fermées temporairement, des lignes au sol de pistes de vélo invisibles... mais ca s'améliore.

Le parc
Rendez-vous parc Marguerite Bourgeoys avec le peloton du Mile-End en fin de matinée. Objectif toucher le fort de Chambly et retour.


Le premier pont
Toujours un exploit de réussir à sortir de l'île de Montréal et ce en voiture ou en vélo. On décide de prendre pour la première fois le nouveau pont Champlain qui parait-il a un belle piste pour les vélos. Si l'accès au pont est compliqué - car il faut passer par l'Île des Soeurs sorte de trou noir d'où l'on ne peut sortir - la piste est cyclable est vraiment chouette, large et avec plusieurs arrêts possibles pour regarder au loin Montréal.

Voir Chambly
Arrivée sur la rive sud, traversée de Brossard et quasiment ligne droite vers Chambly. Chambly bof, sorte de Magog mais plus proche. Des gens en sorties le long du lac. Ca ne parle pas pareil qu'à Montréal. Courte pause sur les bords du fort de Chambly sur lequel un acharné fait une partie de tennis contre lui même, une famille est bord de l'eau où le père pêche et fume sa clope avec femme et enfants dans les jambes, d'autres se lance un ballon de football américain ou canadien.

Mission crème glacée
On file direction St-Bruno mais uniquement pour s'arrêter à Saint-Basile-Le-Grand pour déguster une glace, on a repéré un bar laitier le Pompon, nous devons y aller! Mais avant cela on se pert dans la banlieue de Chambly. On réussit à revenir sur nos pas plusieurs fois, au moins le temps d'apprécier l'architecture souvent douteuse des maisons à 50 pièces chacune.

Avant la glace nous longeons une rivière, un hydravion se pose à nos côtés, pas trop de vent, chaud mais pas trop, parfaites conditions pour rouler.

Arrêt Pompon pour une molle moyenne trempée dans du chocolat belge. Les 40 premiers km ont bien mérités cela.

Le retour
On bifurque plein Ouest pour retourner vers Montréal en visant Longueuil et le pont Jacques Cartier pour changer de l'aller. Sur notre notre St-Bruno et son mont disparaisse et nous continuons à traverser cette grande banlieue semi campagne semi pas campagne.

Juste avant Longueuil vient le moment de circuler dans une zone industrielle aéronautique, ici l'aérospatiale canadienne, ici un aéroport, là une base militaire et surtout plein de police partout en voiture et à vélo.

Une fois presque à Longueuil on aperçoit le parc olympique au loin, pas si loin en fait. Les rues ici sont le prolongement géographique de celles de l'île de Montréal, presque à la maison.

Le second pont
Pont Jacques Cartier, toujours aussi beau et impressionnant de rouler avec la vue du fleuve sous ses pieds. Je laisse mes compagnons à la sortie du pont et redescends vers St-Henri.

Pour changer je décide de prendre René-Lévesque de Berri à Atwater. Je suis quasiment seul sur la route, avec quelques zombies dans le centre ville. Rapidement je suis chez moi en pièces détachées. Ce que je que veux dire par la c'est qu'après 80km les jambes tirent un peu.

La récompense
Bière et bain pour finir. Could be worse.







02/05/2020

Presque Liège Bastogne Liège

Un samedi ensoleillé et un autre tour en vélo en prévision. Un premier checkpoint de prévu à Deux Montagnes.

Je pars de St-Henri direction plein nord en passant par Notre-Dame-de-Grace puis Cartierville en visant le pont Lachapelle. Rivière des Prairies traversée une première fois je bifurque plein Ouest le long de l'île de Laval. La piste de vélo n'est pas trop pleine, devant moi file une cycliste et ses jambes magnifiques mais pas pour longtemps, sur les côtés la rivière et parfois des parkings où les gens se donnent rendez-vous sans sortir de leur voiture.

Après avoir traversé l'autoroute 13 le chemin de vélo se re-rapproche de l'eau, l'occasion de voir pousser des complexes résidentiels d'une laideur olympique. La route Chemin du Bord-de-l'Eau porte bien son nom. Je passe le départ du traversier qui pourrait m'amener à l'île Bizard, les maisons sont un peu plus jolie et de taille gigantesque et finalement je retrouve mes camarades d'expédition au Barrage du Grand Moulin. Une fois l'île Boisée traversée nous sommes à Deux Montagnes, le signe que St-Eustache n'est pas loin et la pause burger aussi.

Ambiance periurbaine, des 4x4 et pick-up en veux-tu en voilà dans chaque garage. Ce n'est plus la ville. Voyant un cinéma drive-in je m'arrête pour prendre une photo de jour, mais l'atmosphère est là. Je réalise aussi que je suis allé trop loin et reviens sur mes pas où mes guides attendent près de la source de hamburger.

Ce sera une pause Dic-Anns, une des nombreuses chaine locale de restauration rapide. Un cheese burger intéressant au pain plat et sauce de type ragout. Pas mauvais et plus un snack qu'un vrai repas mais peut-être que les 40km de vélo jouent sur mon appétit. De tout façon la pause glace au bar laitier est déjà prévue pour dans quelques km.

On repart, direction Boisbriand, la piste de vélo double sens sur le côté droit de la route est parsemée de poteaux électriques, c'est plus un slalom qu'autre chose. Signe d'extension urbaine le manque de trottoir et les quelques fermes ici et là seuls repères architecturaux d'un monde passé, les autres constructions sont quelconques.

C'est maintenant la pause glace au Chocolat Favoris, l'enseigne est prête à recevoir ses clients par temps de pandémie. Heureusement je ne prends qu'une petite molle trempée dans du chocolat, c'est énorme. Nous mangeons nos glaces sur le bord du parking, on pourrait être en Californie, seuls les noms des commerces changent.

C'est aussi le moment de bifurquer plein sud pour revenir vers l'île de Montréal. Route 117, passage sur l'île Belair et nous sommes de retour sur l'île de Laval. On cherche un peu et trouvons la piste de vélo 1 qui va nous ramener à la maison.

Le chemin longe des lotissements où les gens préparent leur jardin et piscine, ca sent le printemps. Souvent la piste cyclables est entre des pilonnes électriques et un mur de palissade de jardin comme une barrière à la Game of Thrones, rempart à une nature et un monde sauvage inexistant.

Enfin nous passons une station de métro de la ligne orange, on se rapproche, Laval-des-Rapides puis le pont de l'île Perry. De retour à Montréal le long de l'eau c'est la foule. Rapidement nous changeons de chemin pour la rue Tanguay, plus loin nous traverserons la Cité de la Mode déserte, pandémie ou pas on est samedi après-midi. Et c'est à la limite de Parc-Extension et du Mille-End que je laisserai mes compagnons d'échappée du jour.

Pour moi la route continue, prends l'avenue du Parc jusqu'à la vielle ville, touche presque le St-Laurent et m'engage sur la piste cyclable longeant le canal Lachine. St-Henri en ligne de mire.

83km de vélo quand même et quelques légers coups de soleil.

18/04/2020

Terrebonne et pizza dessert

11h45
Samedi matin d'avril de pandémie mondiale à Montréal, la routine.

Il fait beau, plus lumineux chaque jour mais c'est pas encore le vrai printemps, lui arrivera peut-être une fois le confinement fini. Chaque année le printemps est en confinement au Québec.

Je me prépare à sortir pour un petit tour en vélo histoire d'explorer la ville tout en restant à 5m minimum de tout être humain. Objectif la grosse orange Julep drive-in sur Décarie proche du métro Plamandon.


Je sors et reçois une invitation textuelle à venir manger une glace à Terrebonne. Ne connaissant pas ce hameau je dis banco et c'est parti pour une petite excursion de 40km de vélo histoire de la manger cette première glace de la saison!

Je remonte vers le nord, passe NDG, prends quelques photos de l'orange puis d'un mur avec ses bandes colorées qui s'effrite, continue en traversant Ville Saint-Laurent qui ressemble à n'importe quelle autre banlieue nord américaine, comprendre quelques maisons intéressantes mais globalement pas d'âme, à un moment j'atteins le rivage au nord de l'île puis continue plein Est vers le dernier pont prenable en vélo sur la 25. Quelques jolies vieilles maisons sur cette partie de la route.

Le pont traversé je foule l'île de Laval pour la première fois en vélo, m'y perds puis finis par trouver le bon chemin, il ne me reste qu'entre 5 et 10 km pour parvenir à Terrebonne. Sur ce bout de l'île le paysage alterne entre nouvelles constructions quelconques, champs à perte de vue et déchèterie tel un fameux entre-deux mondes qui entoure toutes les grandes villes qui s'étendent.


Encore un pont, plus petit, et j'arrive à Terrebonne. Charmante petite bourgade avec ses ruelles d'antan et ses maison basses en bois d'antan, une petite touche d'histoire.

Je retrouve mes amis d'escapade, chacun une glace et moi une pizza dessert. Gastronomie et Amérique du nord quand tu nous tiens. La pizza fait le job et nous décidons de rentrer en allant d'abord toucher le bout Est extrême de l'île de Laval en prenant le boulevard des Milles-Iles.

En chemin des vols d'oies majestueuses nous survolerons et se poseront éventuellement sur une autre île, l'île du Mitan. Même pas peur nous continuerons plein Ouest en laissant passer un pont, un second, puis un troisième et enfin le quatrième sera le bon. Retour sur l'île de Montréal.

C'est pas fini, on a beau voir le Mont-Royal on a encore plusieurs km à faire pour rentrer.

18h08
Quelques douleurs dans les jambes, après 80km c'est un peu normal, je réussis à rejoindre St-Henri et ma baignoire pour un bain chaud histoire de me relaxer un peu mes jambes.

J'ai bien hâte de refaire du vélo avec moins d'épaisseur car le printemps est encore aux abonnés absents mais belle sortie quand même.

02/03/2020

Inner suburbia with colors

Un vernissage passé de quelques jours, des nouvelles rencontres, d'autres univers artistiques à découvrir et approfondir.

Un rendez-vous de création groupée proposé dans atelier ce lundi après-midi. Je dis oui.

Métro ligne orange, sortie Sauvé, dehors un autre monde à l'opposé d'où je venais, à savoir la vieille ville.

Dehors donc un cimetière gardé comme une prison avec files barbelés autour. Une mauvaise bifurcation, passage sur un quai de gare suspendu et je me remets dans le droit chemin.

Des énormes blocs, des entrepôts à la tetris. Des visions de Berlin dans la tête, encore un telescopage spatial et temporel, des souvenirs d'expedition artistique vers le nord de Berlin de Kreuzberg à Marzahn, la sensation identique d'être loin et en réalité être juste 5km un peu plus au nord que d'habitude.

Je trouve le building, escalier, ascenseur et finis par atteindre l'atelier de Marie Chloé Duval. Nous sommes quatre, ca peint, ca colle, ca photoshope et boit du café tout en discutant. Cool.