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22/07/2022

Cinema sous les étoiles et la pluie

Un rendez-vous dans un bar à poudre, mais la version sans poudre et avec fenêtres. 

Elle, grande, fine, bien habillée, belle voix et joli sourire.

Verres de vin, team orange vs riesling, mais teams commune guédilles de crevette et salade composées.

Balade en vélo vers le ciné sous les étoiles, chercher un dépanneur, passer au Maxi avec clim sans bières fraiches.

Se perdre en allant au parc pour le cinéma et changer les plans car la pluie s'est invitée.

Trouver Ma Brasserie, une table et une bière chacun, discuter, s'affronter aux flippers, on a encore besoin  de pièces de monnaie finalement.

Remonter sur nos vélos, la pluie s'est arrêtée, Montréal est désert, juste croiser un clown sur la piste de carrières entre deux lampadaires, pédaler plus vite.

Arriver à destination, descendre de vélo, en accrocher un autre, enlever son casque, se rapprocher, se dire au revoir... et repartir dans le sud-ouest.

Montréal la nuit à vélo.

23/04/2022

RunAround 125 V3.0

Quelques semaines avant

Une équipe qui se forme en répondant au chat groupé des gentils organisateurs de la course. On est six, on se connait peu, participe à quelques groupes communs de coureur à Montréal mais c'est tout. Trois filles et trois garçons comme le stipule le règlement de la course. Et pour la plus part des coureurs rapides et/ou endurant.e.s, je vais devoir faire travailler mes gambettes.

Quelques heures avant

La veille au soir mon anniversaire et un traquenard. Le semi-marathon de Montréal a lieu le dimanche et c'est l'occasion de voir fleurir plein de mini évènements autour de cette course. Je me retrouve donc à la brasserie 4origines avec quelques têtes connues. La suite c'est beaucoup trop de bière pour une veille de course... Je réussis tout de même à rentrer chez moi, me faire mon plat de pâte réglementaire et dormir, enfin m'allonger 7h avant de me lever à l'aube, de tout façon on dort toujours mal avant les courses.

Quelques minutes avant

5:00 du mat j'ai des frissons, je me lève, de l'eau sur mon visage, coup d'oeil au smartphone, les membres de mon équipe se réveillent ou sont déjà en chemin vers le départ, mange un demi fruit, me lave les dents, enfile mes vêtements et c'est parti pour 1500m de vélo.

Petite foule devant MaBicyclette, les 16 équipes arrivent, mode zombie pour moi avec le ventre par encore sûr...

5:45am tout s'accélère et je saute dans la voiture 1 avec Amanda et FX, direction le premier point de relais. Pendant dans ce temps là Alexandrine est partie comme une fusée, dans la voiture 2 Julia et Patrice foncent vers le troisième point de rendez-vous, l'idée est de faire tous plusieurs 3km-ish.

6:20am à peine au coin McGill et Notre-Dame, les premiers coureurs arrivent super vite, il fait frette mais superbe lumière, la rue est déserte et quasiment sans voiture, ambiance pandémienne... Alexandrine surgit, le temps de dire "ca va vite!",  je prends le témoin et file vers le prochain point pour retrouver FX. Pas de temps de réfléchir, courir, courir, courir, personne dans la rue, juste nous et les photographes à vélo.

Ca va être intense. C'est déjà intense.

De Atwater à l'Est de l'île

Les relais s'enchainent, je suis claqué après mon premier tronçon, heureusement on a une petite heure entre chaque sprint. L'air est sec et on tousse tous comme des fumeurs de gauloises sans filtre.

7:30am peut-être, sur le parking d'une salle de quilles vers Montréal-Est, j'attends avec Amanda mon relais. Le temps de prendre deux photos, de voir quelques locaux se demandant "mais qui sont ces gens?", pas le temps de niaiser car Alexandrine arrive à fond, juste le temps d'enlever mon coton ouaté et de commencer ma seconde course.

On se double, se fait doubler par les autres équipes, mais tout le monde s'encourage.

De l'Est de l'île à l'Ouest de l'ïle

On a quitté Notre-Dame pour commencer le boulevard Gouin et ce pour un bout, tout en fait.

Un arrêt collectif au parc nature du bout de l'ïle, des chevreuils autour de nous, la ville est plus espacée et encore calme.

Il s'en suit une partie un peu technique où nous courons tous à contre-sens, ou plutôt la rue est à sens unique sur plusieurs km pour les voitures et il faut bien préparer ses relais.

En parallèle aussi un Vincent nous suis en tandem, prend parfois un passager pour qu'ils s'échauffent avant son split, et ce toujours en musique.

Vers Ahunstic au relais Patrice à Julia nous sommes accueilli par un gros chien et sa maitresse.

Puis la partie jusqu'au niveau de l'ïle Bizard se fait, pas la plus simple car le traffic augmente un peu, on approche de la fin de matinée. FX nous a fait une super road-map, les places de parking étaient quasiment prêtent à chaque point relais. 

Au coin St-Louis et Gouin Amanda passe le relais à Patrice, Julia et Alexandrine sont déjà en route vers le prochain arrêt, nous nous allons au parking de la plage du cap Saint-Jacques.

J'ai perdu un peu la notion du temps, on doit être en course depuis 6 ou 7 heures. Entre les phases de course il y a l'attente, quelques minutes, le calme, parfois une autre équipe passe, et mon relais arrive, mon quatrième ou cinquième.

On arrive à Senneville et ses maisons aux tailles insensées voir indécentes, mais on y voit des grands jardin avec les premières fleurs du printemps, parcours un peu plus vallonné aussi.

De L'Ouest à Atwater

La routine ou le vortex, Alexandrine m'a refilé le témoin après sa longue ligne droite amenant au cap Saint-Jacques, quelques montées et je refile le baton à FX, qui lui même le transmet à Amanda qui traversera Saint-Anne-de-Bellevue encore vide de ses touristes.

Les équipes sont plus dispersées mais on continue à se croiser lors des changements des relais. Le voisinage, quand il est réveillé nous regarde avec des regards interrogatifs. Une fois garés un peu en retrait de la route officielle, car une autre équipe était là avant nous, j'ai juste le temps de sortir de la voiture et voir Alexandrine surgir et passer sans nous voir... je dois donc sprinter pour la rattraper, récupérer le témoin et continuer.

Beaconsfield, Pointe-Claire sont passés, puis nos deux voitures se retrouvent au parking du centre culturel de Pointe-Claire. Un couple plus âgé sort d'une voiture et nous demande de quelle équipe nous sommes, ils sont là pour prendre leur fille en photo, mais dans une autre équipe.

Un autre autre arrêt à Dorval, le temps de prendre une demi pause de yoga et Amanda arrive, Julia prend le témoin et part à fond comme d'habitude. Je rembarque en voiture avec Amanda pour prendre mon dernier relais.

Lachine est passé, la barre des 100km aussi, ce qui fait qu'il en reste une vingtaine, enfin nous le pensions.

Le trou noir, mon relais n'arrive pas, les équipes que nous avions devancées nous dépassent, mentalement nous faisons le décompte de notre position au général. Normalement on n'est pas les derniers.

Après facile 45min on retrouve la coureuse perdue, règlement oblige on doit revenir sur le parcours où l'on s'est trompé. Réorganisation rapide des relais, et on repart. Cette fois-ci à fond sur la route en contre-sens, il est fait toujours beau et c'est bientôt fini.

Sur le dernier tronçon nos voitures suivent quasiment le coureur, en l'occurence une coureuse, Julia, à la même vitesse pour être sûr de ne pas se reperdre. Puis on se regroupe et réussissons à faire les derniers quelques 500m à plusieurs.



Au final plus de 130km à six, belle expérience, moi je me sens mieux qu'au petit matin où j'étais vraiment pas frais, on a tous couru plus vite que prévu, des images plein la tête, surtout celles à l'aube quand toutes les équipes s'élancent dans la ville endormie.

Un bon début de 45éme année et il me semble que j'ai bien dormi ensuite.










11/04/2022

Sunday Full House

Entrainement groupé

A deux semaines du RA125 nous faisons, mes équipiers et moi-même, une première sortie groupée. On se retrouve au Parc de Maisonneuve où d'autres coureurs se sont donnés rendez-vous. En effet une coureuse montréalaise effectue son dernier entrainement de 50k en prévision de sa course de 250Miles d'ici peu... Libre aux gens de se joindre à son échauffement. 

Mes camarades ont opté pour un 30km, j'y vais plus mollo et vise un 10 ou 15, mais une fois la distance de 15km atteinte je rajoute un tour, 18km, je m'arrête quelques secondes... et un coureur me propose de repartir, donc c'est reparti! C'était pas prévu mais c'était cool, au final un semi en moins de deux heures en y allant tranquillement.

La suite c'est un rendez-vous brunch logistique avec toute l'équipe, une Alexandrine, une Julia, une Amanda, un François-Xavier, un Patrice et moi-même. Ca prend forme et on est tous bien excité pas l'évènement qui s'en vient très vite. La question des voitures, des points relais, du ravitaillement et autres sont quasiment chacune réglée. Il ne reste plus qu'à continuer à s'entrainer doucement pour être frais le 23 avril à 6h00 du matin.

Un fou dans le métro

Le temps est très capricieux ces jours-ci, certains diront bi-polaire et ils n'auront pas tord. 

Bref.

Il pleut légèrement mais surtout je suis un peu crevé et je dois retrouver des amis dans le MileEnd. Ce sera vélo et métro.

J'entre dans le wagon en avant du train à Place St-Henri. Deux vélos déjà mais surtout un au milieu qui tient sur sa béquille et personne autour. Premier signe.

Quelques stations plus loin l'avant du wagon se remplit, un homme se lève et va s'asseoir plus loin. Je remarque ensuite qu'il n'a pas de masque et a l'air relativement saoul et ou défoncé. Deuxième signe.

Une dame en face de lui propose un masque neuf, il le prend, le jette en maugréant et insulte autour de lui, bonnes vibes... je le regarde, il est vraiment bourré, ses yeux sont absents.

On se rapproche de Berry-Uqam où je parie qu'il descendra, bon spot de camé pour sûr.

Il continue sont show, essaye de me parler, se lève pour récupérer son vélo, le fameux vélo au milieu du wagon qui emmerdait tout le monde. Il se lève donc et s'étale sur son bicycle... Troisième signe.

il se relève et se rapproche de moi, entre temps j'ai habilement mis mon vélo entre lui et moi. Heureusement j'ai un masque - comme tous les gens du wagon - et wouaa il pue de la gueule c'est peu de le dire. Je crois avoir droit à quelques insultes avant que les portes ne s'ouvrent, il sort, le calme revient.

Un repas Egyptien

J'arrive chez mes amis pour le rendez-vous mensuel du club de lecture auquel je participe depuis le temps de l'avant pandémie, certains diront peut-être du temps d'avant la droitisation officielle de mon pays. Nous verrons après le second tour.

Pour cette édition du club nous dégustons un met égyptien en rapport avec la lecture du livre du mois. Le vin libanais à défaut d'égyptien coule à flot, le raki aussi, c'est bon le raki. Les pâtisseries finales ne sont pas pires non plus.

Bref.

Une belle soirée.

02/04/2022

Sons of Kemet live

 Résidence permanente en mode pdf officiel dans la poche. Mes amis d'ici sont prêts à fêter la nouvelle. Ce sera ce vendredi, au théâtre Corona dans la Petite Bourgogne pour Sons Of Kemet.

Rendez-vous avec à la Drinkerie, un LX shows up first, il est rapidement suivi d'un Sacha. Bière bue, route traversée, mettre son masque, montrer son ticket et monter au balcon rejoindre nos places.

Le concert commence aussi tôt assis, deux batteries au centre de la scène et un instrument à vent de chaque côté, quatre musicien. Un mélange jazz, funk, afro-jazz, big band, énorme énergie qui accélère le temps et c'est déjà fini... Quand c'est bien ca passe toujours très vite.



26/02/2022

Blue Line v1.0

Première édition d'une nouvelle course pas les gentils et toujours très créatifs organisateurs derrière RANK Series

Le concept est une nouvelle fois super simple: prendre le premier métro sur la ligne bleue partant de Snowdon à 5:30 du matin, une fois les portes ouvertes au terminal à St-Michel la course débute, la ligne d'arrivée est à l'extérieure de la station Snowdon. Le choix du trajet est libre, le plus court fait 10.1km, j'opterai pour un 10.5 pour moins de montée pensais-je.

Avant la course

Courir tôt ca va, même si cette fois c'est vraiment tôt et il fait vraiment froid. Heureusement je ne suis pas le seul hurluberlu dans mon quartier qui souhaite participer à cette évènement, et donc un voisin coureur, merci Mio, me propose de joindre à lui et sa voiture pour aller à la station la plus proche sur la ligne bleue, pour nous Snowdon.

Juste avant la course

La station de métro vide, pas étonnant pour un samedi matin de février. Sur le quai personne... mais dans le dernier wagon déjà quelques coureurs de la petite cinquantaine qui a signé pour se saigner.

A chaque station on récupère quelques participants, tout le monde se connait plus ou moins des différents groupes de course de Montréal. Bonne ambiance.

A Jean-Talon notre wagon est à 95% rempli de gens réveillés prêts á aller se les geler dehors. Car oui dehors il fait encore nuit et entre -15c et -25c.

Le départ

La voix annonce le terminus, tout le monde doit descendre, les portes s'ouvrent et la mini marée déferle dans la station. Escaliers quatre à quatre et c'est parti!

Au début tout le monde est sur Jean-Talon, il a neigé hier et seul le milieu de la route est praticable, le choix est simple... Image surréelle d'une chaine de coureurs sur plusieurs blocs, les rues s'enchainent, le vent souffle un peu et le non traffic aide à ne pas s'arrêter aux feux. C'est mieux d'éviter les trottoirs encore enneigés ou alors il faut aimer courir sur une surface mole type plage.

Métro Parc

Je rattrape un coureur, n'en voit plus un au loin, ils vont vites les lapins, le temps de voir un des photographes officiels qui file sur son vélo pour faire plus de belles images et je suis seul dans la ville endormie.

Passant l'avenue du Parc je bifurque un peu plus loin vers Castlenau pour prendre la passerelle qui mène à Outremont.

Le jour se lève, il est 6h15, la fumée monte du Mont-Royal, il caille sa race, je prends deux photos et une coureuse me rattrape. Nous continuons à deux jusqu'au niveau du métro Outremont et nos chemin se séparent.

Outremont sous la neige

Instant mémoire pour moi, le trajet que j'emprunte est quasiment le même que celui que j'empruntais lors de mon année d'échange universitaire en 2000-2001, habitant à l'époque quasiment au coin McEachran et Van Horn et allant parfois en marchant à l'école Polytechnique à des heures raisonnables... disons qu’à l’époque je faisais le trajet inverse à la même heure.

Bref, ca monte un peu mais c'est joli. Je vois au loin des coureurs, chacun suit son chemin, je prends l'avenue WillowDale, au bâtiment des HEC je bifurque vers la gauche, peu de courbes ici mais des virages à 90 degrés tout le temps, un peu plus loin je marcherai quelques mètres.

Dernière ligne droite

Et enfin Côtes-des-neiges, puis Queen-Mary et 1km pour finir en descente. Ca va mieux, mon nez est toujours là, personne derrière moi et au loin j'aperçois la "ligne d'arrivée". Je suis sur la route, pas de problème j'ai les feux verts, les jambes déroulent, que du plaisir!

Chocolat chaud et beignets

Des checks et plusieurs high fives, c'est fini, c'était fou et bien sympathique. 



20/11/2021

Peel the Hill v3.0

Une course non officielle par les gentils organisateurs derrière RUNK Series

Le concept est simple, rendez-vous en bas de la rue Peel au bassin Peel, de l'autre côté du bassin le bâtiment Five Rose qui clignote, au top départ on fonce sur la rue Peel direction le sommet du Mont-Royal, sous la croix le check point et ensuite redescendre par le même chemin ou presque.

Un ou deux ou trois détails importants, il fait froid, il fait nuit, la rue n'est pas à nous, ca commence sur du plat et devient gentiment un mur jusqu'à la croix. Une fois la route finie et donc dans le parc du Mont-Royal il fait encore plus nuit.

Avant la course

J'arrive en vélo, pause mes affaires, les autres coureurs sont là, on se prépare, il vente un peu mais pas de sol glacé. C'est ma première participation.

5:00pm

Top départ et on s'élance tous en mode meute de coureurs. Dans Griffentown les travaux aident à passer les croisements sans trop attendre la lumière verte. Devant les rapides sont déjà loin. Bien sûr mes lacets décident de se défaire avant le début de la montée et je suis distancé.

Passé René-Lévêsques j'arrive tant bien que mal à suivre grâce aux feux à chaque croisement, de plus il y a pas mal de monde dehors.

Passé Sherbrook la route s'élève comme dans Inception et on marche presque à quatre pattes... Je souffle.

Enfin le parc Mont-Royal après avoir traversé l'avenue Pine. De là la nuit noire, des marches et la forêt. Et déjà je croise les plus rapides qui redescendent.

Regardant en l'air je vois les lumières des frontrales des coureurs qui bougent comme des mouches sous ectasy. Sur les marches les marcheurs redescendant du belvédère se posent des questions. Une autre indication pour moi est la musique, un des participants a son speaker portable à fond et le métal raisonne dans les bois avec les marcheurs autour qui reprennent les chansons en choeur ou presque.

Passé les marches je rattrape un petit groupe qui semble connaitre un raccourci, je les suis au son de la musique des flashs des lumières frontales. On court littéralement en ligne droite vers la croix.

5:25pn

I made it to the cross! Je ne suis pas seul, les points-checkers remettent le sticker preuve de notre passage, ca discute, ca papote, une bière et 7min plus on redescend vers le bassin, nous sommes 5.

Pas de chute mais presque dans la forêt et retour sur Peel en mode on ne s'arrête plus. 

Quelques klaxon en passant Saint-Catherine à nouveau, des attentes aux croisement et enfin le plat.

Dernière ligne droite et arrivée groupé pour les 5 derniers.

5:53pm

6.7km, du dénivelé, des images dans la tête, super expérience et super ambiance. A refaire par temps moins frette.

Et puis je gagnerai même un bonnet ciele au tirage après la course, mes oreilles sont prêtes pour l'hiver.



11/07/2021

L'Infinie Comédie de David Foster Wallace

Samedi soir 21:59 je pose enfin ce livre sur ma pile de livres lus, six ou huit mois après l'avoir commencé.

Je suis passé par plusieurs phases dans la lecture de ce livre. J’avais lu auparavant La Fonction du Balais que j’avais beaucoup aimé. Comme pour l’Infinie Comédie ca parait décousu mais une certaine unité vient avec le style, il n'y a pas vraiment de chapitres, c'est un journal, des personnages qui reviennent, qui apparaissent, qui se rencontrent ou pas, qui disparaissent, des fulgurances. C’est plus un survol, une caméra qui passe, s’arrête, observe un groupe puis s’en éloigne. En cela ça m’a rappelé Visions de Cody de Jack Kerouac.

L’addiction, la misère sociale, l’absurdité des codes de vie que l’on s’inflige, le sport professionnel, la répétition, l’effet histoire sans fin, puit sans fond, la drôlerie aussi, comédie infinie de la vie même si le livre est plus rempli de tristesse que de joie.

Une écriture qui amène beaucoup d’images, un personnage récurrent cinéaste en lutte contre un système, une réflection sur le monde du divertissement, si le livre manque l’arrivée et la place prise par l’internet, et peut paraitre daté avec ses VHS il pointe déjà des dérives actuelles avec la culture de l’addiction à la prochaine série à voir, série qui n’est qu’une répétition de la précédente donc pourquoi se laisser hypnotiser? Étirer un filon à l’infini comme le font les studios de production de cinéma sans idée, Marvel et ses variations à la demande, Disney qui enchaine les préquelles rédemptrices…

Des images donc, Trainspotting, Fear and Loathing in Las Vegas, Fight Club, Requiem for Dream, Enter the Void… Et pour les livres en plus de Vision de Cody j’ai pensé à Last Exit to Brooklyn qui peut-être encore plus sombre, Berlin Alexanderplatz pour la difficulté de rentrer dans le livre et les personnages qu’ils - les deux livres - décrivent, hommes et femmes qui survivent, vivotent, demi-fous, âmes perdues.

Pourquoi s’infliger une telle lecture de me direz-vous? Bonne question vous répondrai-je. Le fond et la forme, la curiosité, la découverte d’un style, vivre des vies par procuration, des vies non-rêvées dans ce cas présent. Ca aide à se positionner, se remettre en question.

01/07/2021

Inner suburbia épisode 33

Tour en vélo en fin de journée voir début de soirée. Il est 19h01.

Une expédition classique. Plein nord, plein ouest, plein sud et plein est pour rentré. Au milieu l'aéroport et puis Pointe-Claire, ville fantôme aux jolies maisons.

Traversée de NDJ, passé au-dessus d'une autoroute, passage sous une autre autoroute, de la banlieue, une grosse avenue, un pont au dessus de la même autoroute, des gros camions, un ou deux lapins et le soleil qui se couche.

La ville fantôme. La chaleur humide de l'été. Quelques gens dehors, ou plutôt quelques chiens sortant leur maîtres.

Je me perds à nouveau dans Pointe-Claire, toutes les rues se ressemblent.

Nouveau passage sous une troisième autoroute. De l'autre côté un autre monde.

Puis les bords de l'eau, un peu de fraicheur, le coucher de soleil et le rose orangé des nuages au loin, des nuages de bibites aussi, enfin le canal, vite, une marmotte et St-Henri.

 

17/05/2020

Les deux ponts

Le matin
Pandémie ou pas pandémie c'est toujours le bordel pour circuler dans Montréal. Des rues en travaux, ou bloquées, ou fermées temporairement, des lignes au sol de pistes de vélo invisibles... mais ca s'améliore.

Le parc
Rendez-vous parc Marguerite Bourgeoys avec le peloton du Mile-End en fin de matinée. Objectif toucher le fort de Chambly et retour.


Le premier pont
Toujours un exploit de réussir à sortir de l'île de Montréal et ce en voiture ou en vélo. On décide de prendre pour la première fois le nouveau pont Champlain qui parait-il a un belle piste pour les vélos. Si l'accès au pont est compliqué - car il faut passer par l'Île des Soeurs sorte de trou noir d'où l'on ne peut sortir - la piste est cyclable est vraiment chouette, large et avec plusieurs arrêts possibles pour regarder au loin Montréal.

Voir Chambly
Arrivée sur la rive sud, traversée de Brossard et quasiment ligne droite vers Chambly. Chambly bof, sorte de Magog mais plus proche. Des gens en sorties le long du lac. Ca ne parle pas pareil qu'à Montréal. Courte pause sur les bords du fort de Chambly sur lequel un acharné fait une partie de tennis contre lui même, une famille est bord de l'eau où le père pêche et fume sa clope avec femme et enfants dans les jambes, d'autres se lance un ballon de football américain ou canadien.

Mission crème glacée
On file direction St-Bruno mais uniquement pour s'arrêter à Saint-Basile-Le-Grand pour déguster une glace, on a repéré un bar laitier le Pompon, nous devons y aller! Mais avant cela on se pert dans la banlieue de Chambly. On réussit à revenir sur nos pas plusieurs fois, au moins le temps d'apprécier l'architecture souvent douteuse des maisons à 50 pièces chacune.

Avant la glace nous longeons une rivière, un hydravion se pose à nos côtés, pas trop de vent, chaud mais pas trop, parfaites conditions pour rouler.

Arrêt Pompon pour une molle moyenne trempée dans du chocolat belge. Les 40 premiers km ont bien mérités cela.

Le retour
On bifurque plein Ouest pour retourner vers Montréal en visant Longueuil et le pont Jacques Cartier pour changer de l'aller. Sur notre notre St-Bruno et son mont disparaisse et nous continuons à traverser cette grande banlieue semi campagne semi pas campagne.

Juste avant Longueuil vient le moment de circuler dans une zone industrielle aéronautique, ici l'aérospatiale canadienne, ici un aéroport, là une base militaire et surtout plein de police partout en voiture et à vélo.

Une fois presque à Longueuil on aperçoit le parc olympique au loin, pas si loin en fait. Les rues ici sont le prolongement géographique de celles de l'île de Montréal, presque à la maison.

Le second pont
Pont Jacques Cartier, toujours aussi beau et impressionnant de rouler avec la vue du fleuve sous ses pieds. Je laisse mes compagnons à la sortie du pont et redescends vers St-Henri.

Pour changer je décide de prendre René-Lévesque de Berri à Atwater. Je suis quasiment seul sur la route, avec quelques zombies dans le centre ville. Rapidement je suis chez moi en pièces détachées. Ce que je que veux dire par la c'est qu'après 80km les jambes tirent un peu.

La récompense
Bière et bain pour finir. Could be worse.







02/05/2020

Presque Liège Bastogne Liège

Un samedi ensoleillé et un autre tour en vélo en prévision. Un premier checkpoint de prévu à Deux Montagnes.

Je pars de St-Henri direction plein nord en passant par Notre-Dame-de-Grace puis Cartierville en visant le pont Lachapelle. Rivière des Prairies traversée une première fois je bifurque plein Ouest le long de l'île de Laval. La piste de vélo n'est pas trop pleine, devant moi file une cycliste et ses jambes magnifiques mais pas pour longtemps, sur les côtés la rivière et parfois des parkings où les gens se donnent rendez-vous sans sortir de leur voiture.

Après avoir traversé l'autoroute 13 le chemin de vélo se re-rapproche de l'eau, l'occasion de voir pousser des complexes résidentiels d'une laideur olympique. La route Chemin du Bord-de-l'Eau porte bien son nom. Je passe le départ du traversier qui pourrait m'amener à l'île Bizard, les maisons sont un peu plus jolie et de taille gigantesque et finalement je retrouve mes camarades d'expédition au Barrage du Grand Moulin. Une fois l'île Boisée traversée nous sommes à Deux Montagnes, le signe que St-Eustache n'est pas loin et la pause burger aussi.

Ambiance periurbaine, des 4x4 et pick-up en veux-tu en voilà dans chaque garage. Ce n'est plus la ville. Voyant un cinéma drive-in je m'arrête pour prendre une photo de jour, mais l'atmosphère est là. Je réalise aussi que je suis allé trop loin et reviens sur mes pas où mes guides attendent près de la source de hamburger.

Ce sera une pause Dic-Anns, une des nombreuses chaine locale de restauration rapide. Un cheese burger intéressant au pain plat et sauce de type ragout. Pas mauvais et plus un snack qu'un vrai repas mais peut-être que les 40km de vélo jouent sur mon appétit. De tout façon la pause glace au bar laitier est déjà prévue pour dans quelques km.

On repart, direction Boisbriand, la piste de vélo double sens sur le côté droit de la route est parsemée de poteaux électriques, c'est plus un slalom qu'autre chose. Signe d'extension urbaine le manque de trottoir et les quelques fermes ici et là seuls repères architecturaux d'un monde passé, les autres constructions sont quelconques.

C'est maintenant la pause glace au Chocolat Favoris, l'enseigne est prête à recevoir ses clients par temps de pandémie. Heureusement je ne prends qu'une petite molle trempée dans du chocolat, c'est énorme. Nous mangeons nos glaces sur le bord du parking, on pourrait être en Californie, seuls les noms des commerces changent.

C'est aussi le moment de bifurquer plein sud pour revenir vers l'île de Montréal. Route 117, passage sur l'île Belair et nous sommes de retour sur l'île de Laval. On cherche un peu et trouvons la piste de vélo 1 qui va nous ramener à la maison.

Le chemin longe des lotissements où les gens préparent leur jardin et piscine, ca sent le printemps. Souvent la piste cyclables est entre des pilonnes électriques et un mur de palissade de jardin comme une barrière à la Game of Thrones, rempart à une nature et un monde sauvage inexistant.

Enfin nous passons une station de métro de la ligne orange, on se rapproche, Laval-des-Rapides puis le pont de l'île Perry. De retour à Montréal le long de l'eau c'est la foule. Rapidement nous changeons de chemin pour la rue Tanguay, plus loin nous traverserons la Cité de la Mode déserte, pandémie ou pas on est samedi après-midi. Et c'est à la limite de Parc-Extension et du Mille-End que je laisserai mes compagnons d'échappée du jour.

Pour moi la route continue, prends l'avenue du Parc jusqu'à la vielle ville, touche presque le St-Laurent et m'engage sur la piste cyclable longeant le canal Lachine. St-Henri en ligne de mire.

83km de vélo quand même et quelques légers coups de soleil.

02/03/2020

Inner suburbia with colors

Un vernissage passé de quelques jours, des nouvelles rencontres, d'autres univers artistiques à découvrir et approfondir.

Un rendez-vous de création groupée proposé dans atelier ce lundi après-midi. Je dis oui.

Métro ligne orange, sortie Sauvé, dehors un autre monde à l'opposé d'où je venais, à savoir la vieille ville.

Dehors donc un cimetière gardé comme une prison avec files barbelés autour. Une mauvaise bifurcation, passage sur un quai de gare suspendu et je me remets dans le droit chemin.

Des énormes blocs, des entrepôts à la tetris. Des visions de Berlin dans la tête, encore un telescopage spatial et temporel, des souvenirs d'expedition artistique vers le nord de Berlin de Kreuzberg à Marzahn, la sensation identique d'être loin et en réalité être juste 5km un peu plus au nord que d'habitude.

Je trouve le building, escalier, ascenseur et finis par atteindre l'atelier de Marie Chloé Duval. Nous sommes quatre, ca peint, ca colle, ca photoshope et boit du café tout en discutant. Cool.

01/03/2020

Première vraie expo avec de la couleur

Cette fin de semaine c'est Nuit Blanche à Montréal.

Invité à une exposition collective (50 artistes) sur le thème VERT à la galerie Marc Gosselin.

Tout plein d'artistes connu(e)s (entre autres de moi et ca me suffit) et talentueu(ses)x qui exposent également. Donc ca fait plus que plaisir d'être accroché aux mêmes murs.

Une oeuvre à fournir de 20"x20" maximum, la mienne ci-dessous intitulée "Gorille dans la Brume 4".


C'est ma troisième Nuit Blanche à Montréal. Comme souvent je passe par cette galerie et encore plus cette année. De plus plusieurs amis sont passés donc c'est super cool.

Vers minuit les camarades d'exploration de galeries arrivent et je me joint à eux pour continuer la visite de la ville la nuit. Pour ne pas changer une Nuit Blanche il fait frette.

Avec un Yann nous tenterons d'abord L'Espace MAKER où l'idée d'attendre dehors 30min nous passera très vite. Nous irons retrouver d'autres explorateurs à Anteism Books pour une expo pas mal et toujours de la bière hors de prix - je pense qu'ils se préparent à gentrifier le bazar donc moyen cool - et enfin une dernière tentative à feu l'East Block qui pour sa dernière soirée fait payer cher et donc nous n'irons pas.

La suite c'est le métro la nuit et enfin le dodo.

20/02/2020

Galerie tour de mi février

La veille déjà un avant goût avec le Centre de Design de l'Uqam et les portes ouvertes des ateliers des étudiants en art de Concordia.

Ce soir c'est chargé, plusieurs échanges logistiques auparavant, aurons-nous une voiture? Les galeries ne sont pas loins les unes des autres, mais dans les coins reculés de Côte des Neiges et Notre Dame de Grace les déplacements en transport en soirée sans vélo peuvent être long.

Voiture confirmée avec un chauffeur presque cubain roulant en saab décapotable.

Rendez-vous à la Maison la Culture de Côte des Neiges pour une première expo intéressante avec peu de visiteurs. Il fait relativement froid ce soir. L'artiste Louis Bouvier est là, sympathique et en famille.


Première virée vers l'Ouest sur Ste-Catherine pour la galerie Hampton. Mes acolytes et explorateurs de galerie connaissent l'artiste Marie Chloé Duval qui expose ce soir, passage obligé donc. Une foule très différente de celle de la Maison de la Culture de Côte des Neiges et surtout du monde. On ne dira rien sur le vin rouge, bon, mais servi à 3 degré Kelvin... Plus de filles aussi, une palette sur les murs noir, blanc, rouge, argenté et doré, une artiste prise d'assaut, et une autre palette pour les visiteurs, mais des tenues très semblables.

Le temps passe, la galerie se remplit, les verres aussi et l'heure avance. Manteau, bonnet et on repart, cette fois-ci direction la Galerie Division.

Une fois dans la voiture pas question de retirer sa veste. La capote de la décapotable est bien là, mais comme le chauffage ne fonctionne pas, -15c dehors, il faut laisser une fenêtre entre-ouverte pour éviter les problèmes de buée totale sur le pare brise. Heureusement notre chauffeur post-cubain Claude a dans la main un spray pour asperger la vitre intérieur tout en conduisant et essuyant avec un chiffon des autres mains, un funambule.



Encore un autre lieu, une autre foule, pas beaucoup moins nombreuse mais comme l'espace est grand il parait plus vide. Un lieu que j'aime bien.

Juste une des deux artistes présent, Caroline Monnet, j'avoue j'ai pas vraiment regardé les oeuvres car trop absorbé à discuter avec des têtes connues, mais je repasserai le samedi pour voir vraiment les oeuvres. Toujours intéressant quand un/une artiste s'exprime dans plusieurs médias, c'était la partie critique d'art au bar, je vous remercie.

15/02/2020

Travelling while eating

A peine rétabli d'une soirée légendaire, le frigo rempli de denrées pour survivre en cas d'une tempête de neige je re-re-sors, effectivement j'étais sorti ce matin faire des courses.

Au programme un début de fête sur un toit par -100c d'ambiance Bloque de l'Est suivi par un souper d'anniversaire dans un restaurant bbq coréen avec le grill au milieu de la table. Contraste.

Sur le toit je me contenterai de bière russe et polonaise laissant la vodka de côté, de tout façon je ne peux plus en boire pour au moins 6mois.

Il fait frette passé 19h et malgré la vue de Montréal la nuit dans toutes les directions et la promesse d'une autre soirée légendaire je file á mon second rendez-vous.

Si le premier endroit le long d'une voie ferrée était calme le second sur St-Catherine proche de Concordia est á l'opposé. Des gens partout et la queue devant le restaurant. Mais réservation donc point d'attente. Dedans je retrouve l'ami Matthieu avec famille. Comme d'habitude un bon moment où nous n'abuseront pas tant que ca des grillades.