10/06/2012

Brecht ou Copa del Europa?

Un samedi soir à Berlin, une sœur en visite et des tickets pour l'opéra comique achetés depuis quelques semaines déjà. Situé non loin du Tiergarten, la foule attendant devant l'opéra rencontre celle des supporters de foot se dirigeant vers les écrans installés dans le parc. Contraste toujours amusant entre les deux groupes dont les codes vestimentaires sont bien définis.

Première à l'opéra comique de Berlin, belle salle avec fauteuils rouges, chacun équipé d'un petit écran permettant de lire les sous-titres lorsque la cantatrice chante, pratique. Décor minimaliste, une chanteuse sur scène et un orchestre bien sûr. Du chant, un par ville américaine et péché, Brecht et die Sieben Todesüden, emballé c'est pesé.

Peu de gens s'attardent à la sortie, l'Allemagne joue ce soir, déjà une mi-temps presque finie, le spectacle continue. Nous sautons sur nos vélos, on change de quartier et direction Kreuzberg et les bords du Spree pour un strand bar - Sage - situé en face de la O2 arena. Les pieds sur le sable, un bout de pizza et une bière on attend la fin du match. Autant vous dire que faire du vélo dans Berlin pendant la coupe d'Europe ou du Monde avec l'Allemagne qui joue est un vrai plaisir, en effet pas une voiture ne roule et point de bruit.

C'est pas fini! Vélo, on remonte le Spree de quelques mètres, le groupe s'étant agrandit, on atterrit au Kater Holtzig. Le spectacle re-continue avec cette fois une fanfare déjantée. Perruques à la Marie-Antoinette, bikinis dorés, marcel avec poils qui dépassent, cuivres et cymballes, mini-shorts plus énorme drapeau qui s'agite dans tous les sens avec un plafond très bas, ambiance.

La nuit et arrivée, la faim est revenue, heureusement il y a un faiseur de pizza au bord de l'eau. Doucement nous repartons vers les hauteurs de Berlin, c'est-à-dire Prenzlauerberg.

01/06/2012

Le festin de Babette, the Japanese version

Ça commence avec un une photo carrée sur instagram et une question comme commentaire de ma part: quand jouez-vous la prochaine fois demandais-je au Shinichi? Shinichi est la moitié masculine d'un couple d'artistes japonais qui fabrique leurs instruments eux-mêmes. Connus sous le nom du Usanigen - qui veut dire à peu prés homme lapin - leurs performances marient des visuels et de la musique, mais surtout des installations en bois à partir d'une vielle machine à coudre, un tambour qui tourne à la force des mollets de la partie féminine d'Usanigen, une webcam, un projecteur, en bref de l'analogue, du digital et du végétal, du japonais. Revenons à nos lapins, prochaine performance annoncée dans le cadre de l'ouverture du Food Taste à la Direktoren Haus dans quelques jours, aujourd'hui.

Inscription à l'avance et rdv pris avec ma partenaire d'expédition Anne-Laure sur les bords du Spree. Du vent, de la fraicheur, une grosse maison, une petite porte, à proximité du Nikolaiviertel, un James Bond à l'entrée et la queue pour rentrer.

Nous rentrons, l'intérieur est plus accueillant que les façades en extérieur. Chaque pièce est décorée avec des meubles et autres vaisselles design, c'est un peu le thème aussi. Vite nous trouvons le premier open bar où une serveuse en petite tenue d'infirmière propose des tubes à essai chacun rempli de vodka. L'effet petite tenue fonctionne à merveille, tout le monde se rue sur les tubes, nous goutons, nous regrettons, la vodka au poivre a un gout de poivre. Et pas une de trace des japonais.

Puis je reconnais quelques têtes connues croisées lors de performances musicales à Berlin. Nous cherchons tous les Usanigen, pas l'ombre d'une oreille… Le temps passe, toujours rien, puis un petit japonais appelle discrètement les gens à le suivre au bout du couloir et prendre une sorte d'escalier de service, ambiance Mario Bros et découverte d'un niveau caché! On arrive sous les toits. Ténèbres. Jeux de lumières avec des aquariums remplis d'insectes dont les ombres projetés nous rapetissent. Au bout du couloir une porte et un bout de banquet visible. Nous nous y faufilons.

Surprise, une grande salle, une grande table, tout en longueur, une vingtaine de couverts, quelques gens assis et un maitre d'hôtel nous invitent à nous asseoir car vite le spectacle va commencer… Toutes les places prises, nous attendons. Autour de nous les convives sont comme nous et se regardent, what's happening here?

La porte se ferme, une femme en bout de table, debout, habillée de noir, les yeux masqués de noir tel zorro, des plumes dans le cheveux et quelques touches de rouge. Elle commence son monologue, en japonais, elle est japonaise, le tout traduit en anglais par une seconde personne. La suite ce sera neuf plats, pas plus grand qu'une bouchée à chaque fois, toujours accompagné d'un texte évoquant une émotion. Le tout servi par quatre serveurs masqués également faisant parti de la performance culinaire. Un des plats nous était vaporisé directement dans la gorge à l'aide d'une vielle fiole de parfum ou comment faire de la mise en bouche un art.

Le repas fini nous redescendons d'un étage, trouvons les japonais que nous cherchions. Dans la salle une performance musicale accompagnée de fast food de luxe se termine et l'autre débute. Jeux d'ombres sans insectes sur les murs accompagnés d'un solo batterie plus tard et nous quittons les lieux. Vélo et retour dans la montagne, enfin Prenzlauerberg.

Quelques liens:
-www.usanigen.com
-www.direktorenhaus.com

28/05/2012

Take shelter en plein air

Freiluft Kino Insel, première projection cette année pour moi, sur l'écran Take Shelter, derrière l'écran la nuit qui arrive et un orage qui semble aussi s'installer.

Ambiance étrange lorsque que le personnage principal regarde le ciel et les nuages car tous les spectateurs continuent le mouvement de caméra pour regarder aussi au-dessus de leur tête, et ainsi quitter le cadre de projection. Le film sortait de la toile, du cinéma immersif  ou je ne m'y connais pas!

Très belles couleurs dans ce film, composition de bleu, orange, terre, une ambiance poussiéreuse qui rend les teintes délavées. De plus le soleil se couchant sur Berlin accompagné de nuages menaçant se mariait parfaitement avec l'histoire.

Et donc, Freiluft Kino = cinéma en plein air.

01/05/2012

1st Mai à Berlin

Une semaine de un jour, un jour férié dés le mardi, vive le travail.

Des banques barricadées à Friedrishain, les distributeurs de brousoufs inaccessibles. La police partout. Berlin se prépare comme chaque année au 1er mai. Et un ciel bleu très bleu, des températures printanières des plus agréable.

La veille sur mon balcon, à regarder les étoiles et commenter les nuages. Derrière sur Boxhagenerplatz c'est calme. Berlin ne brule pas mais Berlin dort-il, j'en doute.

Sortie en fin d’après-midi direction Spreeplatz, la foule, des scènes, des djs, des gens, du hipster à gogo, de la famille, des stands de caperinia, la police. Police justement, en nombre, en tenue de combat, mais tranquille, qui parle avec la foule, fume des clopes.

Ça ressemble à une fête de la musique mais en journée.

Le soleil toujours là, quelques nuages malgré tout et une averse soudaine à grosses gouttes. Mais il fait chaud et la foule n'arrête pas de danser.

Tentative de retrouver des gens à quelques rues de nous, longer le U1, se voir refuser l'accès à Kottbusser Tor, rebrousser chemin et prendre la Oranienstrasse direction Oranienplatz. Des sound system tous les vingts mètres, entre des magasins turques font leur chiffre du mois, certains ont même une dérogation pour vendre de la bière, il n'y a pas de petit profits, même le 1er mai.

Arriver au point de rendez-vous, passer de l'électro envoutante à une scène avec des rockers bruyants et inintéressants. Attente. Nous rebroussons chemin, la faim nous met en chasse, ce sera une Halloumi Teller.

Dans la rue la basse raisonne, limite tabasse, on approche des 20h et il est temps de retrouver le calme.

Par je ne sais quel subterfuge nous finirons la soirée avec les Avengers. C'était bien.


15/04/2012

Bowling before toasting

Ça commence sous les toits et ça finit dans un garage, voir une cave.

Prés des étoiles, non loin de U-Südstern, au cinéma Sputnik pour aller voir The Artist avec un Boris et un Jonathan. Nous ne sommes que moyennement convaincus. De plus la faim a pris le dessus sur le débat cinématographique.

Petite marche direction Hermanplatz et pause au restaurant Thai. De l'autre côté de la rue des lettres illuminées clignotent dans la nuit: bowling is calling. Un défi donc que nous relevons tous les trois. Un combat acharné s'en suivra, presque jusqu'à la mort, mais dans les règles de l'art: chaussures à semelle en bois plate, bière, lumière phosphorescente et musique de merde à fond.


Nos chemins se séparent et je fonce vers Wedding histoire de rajouter une belle transversale à mon périple nocturne. Passant au centre de Berlin je traverse des zones désertes et d'autres moins, des files d'attentes pour certains clubs, des touristes français qui s'engueulent  devant le Trésor et je continue.

Presque 10km plus loin, on approche des 1:00am et je retrouve une Anne-Laure dans un bar slash garage slash squat slash soirée reggae ragga des familles. Ça toast tranquille au micro. Apparemment je suis arrivé après la première descente de polizei.

Les 3:00am sonnent, nous partons juste avant le rappel des petits hommes en vert. Pause kébab des familles et direction Friedrishain. Sommeil.