11/04/2022

Sunday Full House

Entrainement groupé

A deux semaines du RA125 nous faisons, mes équipiers et moi-même, une première sortie groupée. On se retrouve au Parc de Maisonneuve où d'autres coureurs se sont donnés rendez-vous. En effet une coureuse montréalaise effectue son dernier entrainement de 50k en prévision de sa course de 250Miles d'ici peu... Libre aux gens de se joindre à son échauffement. 

Mes camarades ont opté pour un 30km, j'y vais plus mollo et vise un 10 ou 15, mais une fois la distance de 15km atteinte je rajoute un tour, 18km, je m'arrête quelques secondes... et un coureur me propose de repartir, donc c'est reparti! C'était pas prévu mais c'était cool, au final un semi en moins de deux heures en y allant tranquillement.

La suite c'est un rendez-vous brunch logistique avec toute l'équipe, une Alexandrine, une Julia, une Amanda, un François-Xavier, un Patrice et moi-même. Ca prend forme et on est tous bien excité pas l'évènement qui s'en vient très vite. La question des voitures, des points relais, du ravitaillement et autres sont quasiment chacune réglée. Il ne reste plus qu'à continuer à s'entrainer doucement pour être frais le 23 avril à 6h00 du matin.

Un fou dans le métro

Le temps est très capricieux ces jours-ci, certains diront bi-polaire et ils n'auront pas tord. 

Bref.

Il pleut légèrement mais surtout je suis un peu crevé et je dois retrouver des amis dans le MileEnd. Ce sera vélo et métro.

J'entre dans le wagon en avant du train à Place St-Henri. Deux vélos déjà mais surtout un au milieu qui tient sur sa béquille et personne autour. Premier signe.

Quelques stations plus loin l'avant du wagon se remplit, un homme se lève et va s'asseoir plus loin. Je remarque ensuite qu'il n'a pas de masque et a l'air relativement saoul et ou défoncé. Deuxième signe.

Une dame en face de lui propose un masque neuf, il le prend, le jette en maugréant et insulte autour de lui, bonnes vibes... je le regarde, il est vraiment bourré, ses yeux sont absents.

On se rapproche de Berry-Uqam où je parie qu'il descendra, bon spot de camé pour sûr.

Il continue sont show, essaye de me parler, se lève pour récupérer son vélo, le fameux vélo au milieu du wagon qui emmerdait tout le monde. Il se lève donc et s'étale sur son bicycle... Troisième signe.

il se relève et se rapproche de moi, entre temps j'ai habilement mis mon vélo entre lui et moi. Heureusement j'ai un masque - comme tous les gens du wagon - et wouaa il pue de la gueule c'est peu de le dire. Je crois avoir droit à quelques insultes avant que les portes ne s'ouvrent, il sort, le calme revient.

Un repas Egyptien

J'arrive chez mes amis pour le rendez-vous mensuel du club de lecture auquel je participe depuis le temps de l'avant pandémie, certains diront peut-être du temps d'avant la droitisation officielle de mon pays. Nous verrons après le second tour.

Pour cette édition du club nous dégustons un met égyptien en rapport avec la lecture du livre du mois. Le vin libanais à défaut d'égyptien coule à flot, le raki aussi, c'est bon le raki. Les pâtisseries finales ne sont pas pires non plus.

Bref.

Une belle soirée.

02/04/2022

Sons of Kemet live

 Résidence permanente en mode pdf officiel dans la poche. Mes amis d'ici sont prêts à fêter la nouvelle. Ce sera ce vendredi, au théâtre Corona dans la Petite Bourgogne pour Sons Of Kemet.

Rendez-vous avec à la Drinkerie, un LX shows up first, il est rapidement suivi d'un Sacha. Bière bue, route traversée, mettre son masque, montrer son ticket et monter au balcon rejoindre nos places.

Le concert commence aussi tôt assis, deux batteries au centre de la scène et un instrument à vent de chaque côté, quatre musicien. Un mélange jazz, funk, afro-jazz, big band, énorme énergie qui accélère le temps et c'est déjà fini... Quand c'est bien ca passe toujours très vite.



26/02/2022

Blue Line v1.0

Première édition d'une nouvelle course pas les gentils et toujours très créatifs organisateurs derrière RANK Series

Le concept est une nouvelle fois super simple: prendre le premier métro sur la ligne bleue partant de Snowdon à 5:30 du matin, une fois les portes ouvertes au terminal à St-Michel la course débute, la ligne d'arrivée est à l'extérieure de la station Snowdon. Le choix du trajet est libre, le plus court fait 10.1km, j'opterai pour un 10.5 pour moins de montée pensais-je.

Avant la course

Courir tôt ca va, même si cette fois c'est vraiment tôt et il fait vraiment froid. Heureusement je ne suis pas le seul hurluberlu dans mon quartier qui souhaite participer à cette évènement, et donc un voisin coureur, merci Mio, me propose de joindre à lui et sa voiture pour aller à la station la plus proche sur la ligne bleue, pour nous Snowdon.

Juste avant la course

La station de métro vide, pas étonnant pour un samedi matin de février. Sur le quai personne... mais dans le dernier wagon déjà quelques coureurs de la petite cinquantaine qui a signé pour se saigner.

A chaque station on récupère quelques participants, tout le monde se connait plus ou moins des différents groupes de course de Montréal. Bonne ambiance.

A Jean-Talon notre wagon est à 95% rempli de gens réveillés prêts á aller se les geler dehors. Car oui dehors il fait encore nuit et entre -15c et -25c.

Le départ

La voix annonce le terminus, tout le monde doit descendre, les portes s'ouvrent et la mini marée déferle dans la station. Escaliers quatre à quatre et c'est parti!

Au début tout le monde est sur Jean-Talon, il a neigé hier et seul le milieu de la route est praticable, le choix est simple... Image surréelle d'une chaine de coureurs sur plusieurs blocs, les rues s'enchainent, le vent souffle un peu et le non traffic aide à ne pas s'arrêter aux feux. C'est mieux d'éviter les trottoirs encore enneigés ou alors il faut aimer courir sur une surface mole type plage.

Métro Parc

Je rattrape un coureur, n'en voit plus un au loin, ils vont vites les lapins, le temps de voir un des photographes officiels qui file sur son vélo pour faire plus de belles images et je suis seul dans la ville endormie.

Passant l'avenue du Parc je bifurque un peu plus loin vers Castlenau pour prendre la passerelle qui mène à Outremont.

Le jour se lève, il est 6h15, la fumée monte du Mont-Royal, il caille sa race, je prends deux photos et une coureuse me rattrape. Nous continuons à deux jusqu'au niveau du métro Outremont et nos chemin se séparent.

Outremont sous la neige

Instant mémoire pour moi, le trajet que j'emprunte est quasiment le même que celui que j'empruntais lors de mon année d'échange universitaire en 2000-2001, habitant à l'époque quasiment au coin McEachran et Van Horn et allant parfois en marchant à l'école Polytechnique à des heures raisonnables... disons qu’à l’époque je faisais le trajet inverse à la même heure.

Bref, ca monte un peu mais c'est joli. Je vois au loin des coureurs, chacun suit son chemin, je prends l'avenue WillowDale, au bâtiment des HEC je bifurque vers la gauche, peu de courbes ici mais des virages à 90 degrés tout le temps, un peu plus loin je marcherai quelques mètres.

Dernière ligne droite

Et enfin Côtes-des-neiges, puis Queen-Mary et 1km pour finir en descente. Ca va mieux, mon nez est toujours là, personne derrière moi et au loin j'aperçois la "ligne d'arrivée". Je suis sur la route, pas de problème j'ai les feux verts, les jambes déroulent, que du plaisir!

Chocolat chaud et beignets

Des checks et plusieurs high fives, c'est fini, c'était fou et bien sympathique. 



20/11/2021

Peel the Hill v3.0

Une course non officielle par les gentils organisateurs derrière RUNK Series

Le concept est simple, rendez-vous en bas de la rue Peel au bassin Peel, de l'autre côté du bassin le bâtiment Five Rose qui clignote, au top départ on fonce sur la rue Peel direction le sommet du Mont-Royal, sous la croix le check point et ensuite redescendre par le même chemin ou presque.

Un ou deux ou trois détails importants, il fait froid, il fait nuit, la rue n'est pas à nous, ca commence sur du plat et devient gentiment un mur jusqu'à la croix. Une fois la route finie et donc dans le parc du Mont-Royal il fait encore plus nuit.

Avant la course

J'arrive en vélo, pause mes affaires, les autres coureurs sont là, on se prépare, il vente un peu mais pas de sol glacé. C'est ma première participation.

5:00pm

Top départ et on s'élance tous en mode meute de coureurs. Dans Griffentown les travaux aident à passer les croisements sans trop attendre la lumière verte. Devant les rapides sont déjà loin. Bien sûr mes lacets décident de se défaire avant le début de la montée et je suis distancé.

Passé René-Lévêsques j'arrive tant bien que mal à suivre grâce aux feux à chaque croisement, de plus il y a pas mal de monde dehors.

Passé Sherbrook la route s'élève comme dans Inception et on marche presque à quatre pattes... Je souffle.

Enfin le parc Mont-Royal après avoir traversé l'avenue Pine. De là la nuit noire, des marches et la forêt. Et déjà je croise les plus rapides qui redescendent.

Regardant en l'air je vois les lumières des frontrales des coureurs qui bougent comme des mouches sous ectasy. Sur les marches les marcheurs redescendant du belvédère se posent des questions. Une autre indication pour moi est la musique, un des participants a son speaker portable à fond et le métal raisonne dans les bois avec les marcheurs autour qui reprennent les chansons en choeur ou presque.

Passé les marches je rattrape un petit groupe qui semble connaitre un raccourci, je les suis au son de la musique des flashs des lumières frontales. On court littéralement en ligne droite vers la croix.

5:25pn

I made it to the cross! Je ne suis pas seul, les points-checkers remettent le sticker preuve de notre passage, ca discute, ca papote, une bière et 7min plus on redescend vers le bassin, nous sommes 5.

Pas de chute mais presque dans la forêt et retour sur Peel en mode on ne s'arrête plus. 

Quelques klaxon en passant Saint-Catherine à nouveau, des attentes aux croisement et enfin le plat.

Dernière ligne droite et arrivée groupé pour les 5 derniers.

5:53pm

6.7km, du dénivelé, des images dans la tête, super expérience et super ambiance. A refaire par temps moins frette.

Et puis je gagnerai même un bonnet ciele au tirage après la course, mes oreilles sont prêtes pour l'hiver.



11/07/2021

L'Infinie Comédie de David Foster Wallace

Samedi soir 21:59 je pose enfin ce livre sur ma pile de livres lus, six ou huit mois après l'avoir commencé.

Je suis passé par plusieurs phases dans la lecture de ce livre. J’avais lu auparavant La Fonction du Balais que j’avais beaucoup aimé. Comme pour l’Infinie Comédie ca parait décousu mais une certaine unité vient avec le style, il n'y a pas vraiment de chapitres, c'est un journal, des personnages qui reviennent, qui apparaissent, qui se rencontrent ou pas, qui disparaissent, des fulgurances. C’est plus un survol, une caméra qui passe, s’arrête, observe un groupe puis s’en éloigne. En cela ça m’a rappelé Visions de Cody de Jack Kerouac.

L’addiction, la misère sociale, l’absurdité des codes de vie que l’on s’inflige, le sport professionnel, la répétition, l’effet histoire sans fin, puit sans fond, la drôlerie aussi, comédie infinie de la vie même si le livre est plus rempli de tristesse que de joie.

Une écriture qui amène beaucoup d’images, un personnage récurrent cinéaste en lutte contre un système, une réflection sur le monde du divertissement, si le livre manque l’arrivée et la place prise par l’internet, et peut paraitre daté avec ses VHS il pointe déjà des dérives actuelles avec la culture de l’addiction à la prochaine série à voir, série qui n’est qu’une répétition de la précédente donc pourquoi se laisser hypnotiser? Étirer un filon à l’infini comme le font les studios de production de cinéma sans idée, Marvel et ses variations à la demande, Disney qui enchaine les préquelles rédemptrices…

Des images donc, Trainspotting, Fear and Loathing in Las Vegas, Fight Club, Requiem for Dream, Enter the Void… Et pour les livres en plus de Vision de Cody j’ai pensé à Last Exit to Brooklyn qui peut-être encore plus sombre, Berlin Alexanderplatz pour la difficulté de rentrer dans le livre et les personnages qu’ils - les deux livres - décrivent, hommes et femmes qui survivent, vivotent, demi-fous, âmes perdues.

Pourquoi s’infliger une telle lecture de me direz-vous? Bonne question vous répondrai-je. Le fond et la forme, la curiosité, la découverte d’un style, vivre des vies par procuration, des vies non-rêvées dans ce cas présent. Ca aide à se positionner, se remettre en question.